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« Longs ces jours de nuits qui trainent.
Pourtant certaines nuits, des bulles de clarté font croire aux jours de grand soleil. Voila pourquoi je transige avec l’horreur au quotidien et je décide de croire à l’impossible. Demain, il fera bonheur et même paix. Pourquoi non ? Si c’est pas demain, c’est pour la nuit suivante. Je crois que croire me fait du bien. Alors pourquoi me priver ? Y a pas de mal à se faire du bien. J’annonce que la vie vraie est vivable. Je précise : le quotidien minable et grisâtre peut prendre de la clarté. J’ai décidé d’y croire mordicus. Et même si je ne lumignonne qu’un rien par intermittence, j’entretiens. Rigole si ça t’amuse, fais avec ton rien, je crois que tu ne sois cuit. Moi, demain je repars. S’il pleut, je prends un parapluie ; s’il vague à l’âme, je surfe. J’emmerde les prophètes de malheur et j’utopie en plein bonheur. Je cueille la lumière dans les rires d’enfants, les regards d’amoureux… je m’offre des bouquets de survie. Bref je me défends comme je peux et VIVA LA VIDA. »
Jean René ROUZE dans « Assez » p.97
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